L’hypnose dans tous ses états

La science, notamment la médecine, fait de plus en plus souvent appel à l’hypnose. (Illustration) SIPA/Bony

Après les hôpitaux, où elle est de plus en plus reconnue, cette pratique pourrait bientôt faire son entrée dans le milieu judiciaire.

Longtemps cantonnée à l’univers du spectacle voire de l’ésotérisme, l’hypnose a conservé pendant des décennies l’image d’une pratique mystérieuse teintée de surnaturel. Une époque révolue. Si l’hypnose cartonne toujours dans le monde du divertissement, et continue d’aimanter nombre de charlatans, elle a (presque) gagné ses lettres de noblesse de discipline sérieuse et fiable, avant tout grâce à ses diverses utilisations dans le domaine de la médecine. Aujourd’hui, la pratique fait une incursion inattendue dans le champ judiciaire…

Elle pourrait ainsi lever l’un des voiles dans l’affaire de la petite Fiona, cette fillette de 5 ans morte sous les coups de sa mère et de son beau-père en 2013 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Selon nos informations, Cécile Bourgeon, qui purge une peine de 20 ans de réclusion, a obtenu l’accord d’un médecin pour être hypnotisée.

Objectif ? Réactiver des souvenirs susceptibles de localiser le lieu où elle soutient avoir enterré, avec l’aide de son ex-compagnon, le corps de sa fille. « L’enjeu est de trouver le corps, pas de discuter de la culpabilité que nous contestons par la voie du droit », avertissent ses avocats Me Gilles-Jean et Renaud Portejoie. En France de toute façon, un témoignage recueilli sous hypnose n’a aucune valeur de preuve, contrairement à la Belgique.

L’hypnose médicale peut parfois être remboursée

Même si des médecins spécialistes s’inquiètent d’une utilisation judiciaire, arguant que « l’hypnose peut induire de faux souvenirs », ce nouvel usage montre à quel point la technique -qui consiste à s’extraire de son environnement extérieur pour se concentrer sur son mode intérieur- tend à s’enraciner et à modifier nos perceptions. « C’est un phénomène complexe, qui suscite autant la fascination que la méfiance. Elle a de beaux jours devant elle car elle intrigue. L’état des connaissances va s’étoffer », explique Pascale Haag, maître de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales (Ehess).

 

Florence Méréo et Geoffroy Tomasovitch|04 mai 2018

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