Peut-on démontrer l’efficacité des médecines alternatives ?

 

Les bénéfices sur la santé des soins non conventionnels restent difficilement mesurables par les méthodes classiques de la recherche scientifique. Cette dernière s’y emploie cependant.

Scandale du Mediator, consultations expéditives, médicaments conventionnels impuissants à traiter certaines douleurs récalcitrantes. Nombreuses sont les raisons qui poussent les Français à se tourner vers les médecines alternatives. Plus d’un gros tiers selon les estimations.

Mais même pour les plus connues, l’ostéopathie pour soigner un mal de dos, l’hypnose ou l’acupuncture pour atténuer la douleur, la phytothérapie pour mieux dormir, des doutes subsistent quant à leur efficacité systématique.

Le ressenti des patients

Sans validation scientifique, l’efficacité d’un produit reste en effet toujours sujette à caution. Comment procèdent les évaluateurs? Par des essais cliniques, on suit une stricte procédure dite «randomisée en double aveugle». Cela signifie que l’on divise les patients en deux groupes qui recevront, soit une pilule en sucre (un placebo), soit le principe actif du médicament testé. Cela sans que ni les malades ni les médecins qui mènent l’étude ne sachent quel est le produit qui a été donné.

Mais ces essais cliniques, qui se font en général dans plusieurs centres hospitaliers, sont difficiles et souvent chers à mettre en place, voire extrêmement coûteux. Les médecines alternatives n’ont pas les moyens des gros laboratoires pharmaceutiques pour lancer des essais fiables. D’autant qu’elles sont loin de rapporter autant qu’un «blockbuster», médicament star contre l’hypertension ou le diabète…

Du coup, bien souvent, c’est le ressenti des patients qui sert de preuve. Mais ce n’est pas un problème pour les partisans de ces thérapeutiques. Car en se définissant par opposition à la médecine conventionnelle, ces pratiques s’écartent d’elles-mêmes des modèles scientifiques de validation les plus courants. Cette médecine se veut fondée sur des savoir-faire propres à chaque praticien, échappant du coup à la rationalité habituelle.

La part de l’effet placebo

Ainsi, comment démontrer l’efficacité de l’ostéopathie quand chaque patient est différent et que chaque praticien a sa technique propre? Difficile alors d’établir des critères objectifs.

Autre exemple, l’hypnose, censée réduire la douleur, a été évaluée lors de l’accouchement. Le seuil de douleur avec ou sans hypnose était le même. Toutefois, la technique a permis aux femmes qui en avaient bénéficié de garder un meilleur souvenir de leur accouchement. La douleur est la même, mais l’émotion négative liée à la souffrance est moins importante.

Autre inconnue: la part de l’effet placebo. De nombreux travaux sur l’acupuncture ont montré qu’elle était efficace sur certains patients. Mais les essais thérapeutiques ont également prouvé que piquer à côté du méridien ou sur le méridien ne changeait pas grand-chose au résultat. Ils montrent au final que la seule manipulation n’est pas à l’origine du soulagement.

Les médecines alternatives étant souvent sollicitées afin de traiter des pathologies chroniques (mal de dos, stress, problèmes de digestion, migraines, etc.) pour lesquelles la réponse thérapeutique classique est limitée, l’écoute, le temps passé avec le patient, l’intérêt porté à son problème joueraient tout autant dans l’amélioration des symptômes.

 

Par  Mis à jour Publié

 

image.png

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s