Comment prévenir les douleurs post-opératoires

Elle répare, soigne, sauve, mais souvent fait mal. La chirurgie est un facteur de risque majeur de douleur chronique.

«La chirurgie occasionne des lésions plus ou moins importantes des nerfs et provoque des réactions inflammatoires, sources de douleurs aiguës. Elle est une agression pour le corps», détaille le Dr Benno Rehberg-Klug, médecin adjoint responsable du secteur de l’antalgie. La chirurgie thoracique, orthopédique (prothèse du genou), lombalgique, ainsi que celles du sein et du ventre sont les plus à risque dans le développement de douleurs chroniques.

La présence, avant l’opération, de douleur chronique ou rebelle, comme on le voit fréquemment dans le cas des lombalgies, entre en ligne de compte. De même que l’auto-prédiction de la douleur: «Une étude a révélé que les patientes exprimant, avant une chirurgie du sein, une plus grande inquiétude quant à la douleur, souffraient davantage et plus durablement après», note le spécialiste. D’où l’idée de mettre en place un soutien psychologique avant la chirurgie, si besoin.

La dépression, une sensibilité élevée à la douleur, le fait d’avoir très mal juste après une intervention sont d’autres facteurs de risque connus.

Des actes concrets

De nombreuses mesures sont mises en œuvre aujourd’hui aux HUG pour limiter la douleur aiguë post-opératoire et prévenir la douleur à long terme. Le but est d’agir en amont, pendant et après l’intervention. «Comme il y a peu de médicaments spécifiques contre les douleurs persistantes, on préconise une prévention avec l’antalgie loco-régionale, en plus d’un suivi post-opératoire très étroit pour dépister les personnes à risque», illustre le Dr Rehberg-Klug. Une étude est en cours chez des patientes à risque très élevé, avec une antalgie donnée la veille d’une chirurgie du sein, puis durant deux semaines.

Pour les lombalgies, un protocole de prévention spécifique existe: «On prévient la douleur de façon agressive durant la chirurgie. L’idée de ce traitement antalgique précoce est de tromper le cerveau, en lui donnant, au moment du réveil, une autre information que celle de la douleur», explique le Dr Dennis Dominguez, chirurgien orthopédiste et spécialiste de la colonne vertébrale. Une mobilisation précoce et un renforcement musculaire après trois semaines complètent ce protocole, en passe d’être appliqué à d’autres interventions (genou, pied, épaule).

Au chevet des patients, les soignants jouent aussi un rôle clé dans l’évaluation de la douleur et dans son soulagement, souligne Catherine Gagelin, infirmière adjointe de la responsable des soins et responsable de la cellule douleur au département de chirurgie: «En partenariat avec les patients, nous réévaluons la douleur aussi souvent que nécessaire et appliquons des mesures simples (froid, chaud, changement de position) pour améliorer leur confort. Contrairement à ce qui se faisait autrefois, nous les réveillons pour éviter les pics de douleur. Enfin, nous nous assurons qu’ils sortent de l’hôpital avec une antalgie adaptée en fonction des douleurs ressenties».

TEXTE: ELODIE LAVIGNE

PHOTOS: BOGSCH & BACCO

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