L’hypnose, pour éteindre la douleur

L’hypnose a montré son efficacité dans le traitement contre la douleur, notamment chez l’enfant, souvent plus réceptif à cette pratique du fait de sa faculté à s’évader dans son imaginaire.

« C‘est une plage avec du sable fin, tu le fais glisser entre tes doigts, on entend des vagues. » Maïmouna, allongée sur un lit, hoche doucement la tête. Anne-Françoise Thiollier, infirmière, parle calmement à la fillette. La petite vient une fois par mois à l’hôpital Robert-Debré, à Paris, pour au moins deux piqûres. « Il y a des fleurs, on pourrait faire un bouquet pour ta maman. Sens cette fleur, sens-la fort. »

L’infirmière continue son récit pendant qu’une autre pique l’enfant. Guidée par la voix, la fillette reste consciente mais son attention est captée. « La distanciation hypnotique influe positivement et permet d’éviter qu’une empreinte négative ne s’installe », explique le docteur Chantal Wood, responsable du centre d’évaluation et du traitement de la douleur à l’hôpital Robert-Debré.

L’hypnose clinique est un outil destiné à apaiser la douleur. Si la technique est ancienne, ce n’est qu’en 1992 que le professeur Marie-Elisabeth Faymonville, spécialiste de la douleur, chef de service au CHU de Liège, en Belgique, y a eu recours pour la première fois pour une anesthésie générale. Cet hôpital a depuis réalisé plus de 7 000 interventions sous hypnose. Très employée en Suisse, cette pratique connaît un fort développement en France.

Surtout utilisées dans le traitement de la douleur, qu’elle soit liée aux soins, aiguë ou chronique (migraines, lombalgies, douleurs cancéreuses), ses applications sont multiples : arrêt du tabac, troubles du comportement alimentaire, dépressions, phobies, stress, troubles sexuels, etc.

MOTIVATION, COLLABORATION ET CONFIANCE

L’hypnose est un état naturel, un état de conscience modifié. Comme lorsque l’on se plonge dans un livre en se coupant du bruit environnant. Selon le docteur Bruno Suarez, l’hypnose est un état d’hypercontrôle permettant à une personne d’avoir des capacités supplémentaires par rapport à l’éveil simple. Contrairement à ce que l’étymologie du mot pourrait suggérer, l’hypnose n’est en rien comparable au sommeil. Pourtant, cette pratique fait parfois peur, et évoque même pour certains l’envoûtement. On est pourtant très loin du phénomène de foire.

Pour que cela fonctionne, trois conditions doivent être remplies. Le patient doit être motivé, collaborer et avoir confiance dans le soignant. Au cours du premier entretien, le thérapeute demande que le patient lui parle de souvenirs agréables, d’endroits, d’odeurs qu’il apprécie.

L’hypnose a montré son efficacité dans le traitement contre la douleur, notamment chez l’enfant, souvent plus réceptif à cette pratique du fait de sa faculté à s’évader dans son imaginaire plus facilement qu’un adulte. Dès l’âge de 4 à 5 ans, on peut apprendre à un enfant à endormir une zone douloureuse. « J’utilise le gant magique, un gant imaginaire qui diminue les sensations de la main. L’enfant apprend à l’enfiler, et cette main endormie peut être posée sur la tête qui a mal, l’endroit de la ponction lombaire ou la zone de la prise de sang », explique le docteur Chantal Wood.

Le doudou et les peluches sont de précieux alliés. On propose à l’enfant de faire une promenade magique, sans lui dire « ça va faire mal », une injonction paradoxale. Il faut ajuster le ton de la voix, être convaincant, dans la métaphore ou l’histoire racontée à l’enfant.

Douleur postopératoire atténuée, meilleure convalescence, fatigue amoindrie : les effets sont très positifs, à tout âge. « Cela peut aussi rendre l’effet des médicaments plus efficace », ajoute le docteur Faymonville.

« C’EST UN OUTIL SUPPLÉMENTAIRE »

Le regain d’intérêt de cette pratique ancienne s’explique par le développement de l’imagerie cérébrale. « Une fois qu’on a glissé vers le processus hypnotique, on a accès à un fonctionnement différent du cerveau. L’imagerie médicale [IRM fonctionnelle] montre même que, en état d’hypnose, la connectivité du cerveau est modifiée. Le but est donc de tirer parti de cet état modifié pour se protéger de certains épisodes douloureux », décrit-elle.

« C’est un outil supplémentaire, un plus », considère le docteur Imelda Schwartz-Haennel, médecin anesthésiste, chef de service du pôle mère-enfant en gynécologie obstétrique et pédiatrie de l’hôpital public de Colmar (Haut-Rhin), qui dirige la Confédération francophone de l’hypnose et des thérapies brèves (CFHTB), réunissant environ 3 000 professionnels.

Dans l’équipe du docteur Schwartz-Haennel, cinq médecins sur sept et dix infirmières sur quatorze sont formés à cette pratique. Un outil d’autant plus utile que les médecins ont parfois un sentiment d’impuissance face à la souffrance. Un diplôme universitaire hypnose médicale a été créé en 2001 à la Pitié-Salpêtrière à la faculté de médecine de Paris-VI.

« Il ne s’agit pas de faire miroiter une guérison miraculeuse mais de réduire l’inconfort et les doses de médicaments avalées par les patients », ajoute le professeur Faymonville.

« Plus personne aujourd’hui parmi les médecins n’ose dire que c’est n’importe quoi. C’est une vraie médecine », affirme le docteur Jean-Marc Benhaiem, médecin hypnothérapeute. Cela peut être aussi un outil pour apaiser les névroses post-traumatiques ou les souffrances des victimes d’attentats. Antoine Bioy, psychologue, y a aussi recours pour soigner l’anxiété.

Les effets de l’hypnose sont également efficaces pour les soins dentaires. Karine Antonik-Barmas, assistante dentaire depuis trente ans, la propose aux personnes qui ont de l’appréhension, accompagnée d’un anesthésiant ou pas. « Dans tous les cas, la personne aura moins mal », explique-t-elle. Pour des thérapies brèves ou pour mieux gérer la douleur chronique à domicile, des séances de formation à l’auto-hypnose peuvent être proposées.

L’adhésion de l’ensemble des soignants est importante. « Cela demande un investissement des équipes, une présence assidue et beaucoup de moyens », explique le professeur Francis Bonnet, chef du service d’anesthésie de l’hôpital Tenon à Paris. Mais attention, l’hypnose doit se manier avec précaution. Elle doit être pratiquée par des soignants formés à cette technique.

Par Pascale Santi Publié le 04 août 2012 à 19h57 – Mis à jour le 04 août 2012 à 19h58

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Un masque d’hypnose connecté testé au CHU de Lille

Le CHU de Lille va tester un dispositif d’hypnose connecté afin de limiter les effets du stress lors d’interventions jugées délicates. Il s’agit de « faire voyager » le patient, masque sur les yeux et casque sur les oreilles, pendant qu’il est examiné.

La biopsie de la prostate n’est pas une partie de plaisir. Nombre de patients la redoutent. Ces derniers mois, pour réduire l’anxiété, le service d’imagerie médicale du CHU de Lille a commencé à proposer aux patients un masque connecté pour effectuer l’acte médical. Indispensable pour diagnostiquer un cancer, l’examen est pratiqué sous anesthésie locale mais il est souvent vécu comme « désagréable et anxiogène » par les patients, notamment en raison de l’utilisation d’un pistolet à aiguille.

Lors d’une présentation à la presse, jeudi, le Pr Philippe Puech, chef du service d’imagerie génito-urinaire au CHU de Lille et initiateur du projet, a expliqué que l’objectif est « de rassurer les patients, pour que cette expérience soit mieux vécue ».

Le dispositif, baptisé Hypnos Pro, a été créé par une start-up française. Piloté avec une application, il est composé d’un masque à diodes lumineuses permettant de ressentir les nuances les yeux fermés et d’un casque audio qui diffuse une histoire relaxante, comme la description d’un beau paysage en Inde ou une baignade avec des dauphins. « Pendant une quinzaine de minutes, le patient est isolé au niveau sonore et visuel. Il est plongé dans une histoire », résume le Pr Puech, dont l’équipe est formée aux techniques d’hypnose conversationnelle.

Quantifier et comparer le ressenti

Grâce au soutien financier de la fondation de lutte contre la douleur Apicil et du Groupement inter-régional de recherche clinique et d’innovation Nord-Ouest, le service a pu se doter de deux masques et a mené une pré-étude. « Plus de 90 % des réponses au questionnaire ont révélé un ressenti bénéfique, ce qui nous a permis de lancer cette recherche », relève Brigitte Cortes, manipulatrice en radiologie, qui pilote ce projet paramédical.

L’étude, qui débutera en mai prochain sur 172 patients pris en charge pour des biopsies — des hommes de 50 à 75 ans —, a pour objectif de « quantifier la différence de ressenti de la douleur et de l’anxiété entre un groupe qui ne bénéficie pas du masque et un autre qui en bénéficie », a indiqué à l’AFP, le Pr Puech qui souhaite « montrer l’utilité à employer ce masque de relaxation, car celui-ci a un coût (2.000 euros pour la version utilisée, ndlr) et prend du temps aux manipulatrices radio. Il faut donc qu’il y ait un bénéfice pour le patient ».

Des dentistes utilisent déjà ce masque, dont une version grand public est également commercialisée. Son utilisation pourrait être étendue à d’autres domaines tels que la radiologie interventionnelle ou la néphrologie.

 

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Améliorer la santé mentale des adolescents par la méditation en pleine conscience

Au travers de la méditation en pleine conscience (attention ancrée sur l’instant présent), ce projet de recherche – lauréat du Prix scientifique Leenaards 2018 – vise à atténuer la réactivité au stress en agissant sur les circuits neuronaux de régulation des émotions, diminuant ainsi le nombre et l’intensité des manifestations anxieuses et dépressives. L’équipe de recherche espère que les résultats donneront des pistes pour améliorer la santé mentale des adolescents tout en diminuant, à plus long terme, l’apparition de troubles psychiatriques à l’âge adulte.

Découvrez ce projet et l’équipe de recherche lauréate pilotée par la Dre Camille Piguet (UNIGE), en collaboration avec le Dr Paul Klauser (CHUV-UNIL) et le Dr Arnaud Merglen (UNIGE-HUG).

 

 

Plus d’infos sur les Prix Leenaards scientifiques:
leenaards.ch/prix-recherche-medicale-translationnelle/

Comment se reconnecter à notre guide intérieur ?

Il veille, somnole ou dort à poings fermés. Mais il est bien là, ce guide intérieur, prêt à se faire entendre. Pour Arnaud Riou, coach et chaman, il ne tient qu’à nous de le ranimer pour bénéficier de ses précieux conseils.

 

Comment se reconnecter à notre guide intérieur ?

Pour Arnaud Riou, coach et chaman, cela ne fait aucun doute : nous abritons « un maître intérieur qui sait ce qui est bon pour nous, alimentation, travail, choix amoureux, mode de vie… ». Et si nous avons besoin de nous connecter à lui, c’est parce qu’il « nous permet de nous mettre en état de cohérence, de réaliser un alignement cœur-corps-esprit. Il nous aide à gagner en liberté et en cohérence, ce qui va progressivement nous apaiser et nous inspirer ». Il s’agira donc, dans un premier temps, d’entrer en contact avec lui, puis de se mettre en état d’accueil pour recevoir ses messages.

I.En préambule

Savoir distinguer la voix du sage de celle de l’enfant

« Attention, notre sage intérieur n’est pas tout seul ; nous abritons aussi le moi enfant ou notre enfant intérieur, qui est généralement un enfant blessé et fait souvent obstacle aux messages du maître intérieur », rappelle Arnaud Riou. Le plus difficile est de distinguer leurs voix. Vous avez une décision à prendre ? Commencez par recueillir, sans juger ni censurer, tout ce qui monte en vous : arguments, images, souvenirs, avertissements, encouragements… Et laissez reposer cette « pâte ». Une fois l’esprit calme, vous ferez aisément la différence entre un discours d’adulte et un plaidoyer d’enfant. Le premier génère et renforce une intuition, en nous donnant le sentiment de nous déployer (ce qui n’exclut pas  l’anxiété ou même l’angoisse à l’idée de prendre une décision) ; tandis que le second, qui résonne comme une vieille rengaine, un morceau trop souvent écouté, donne le sentiment d’être rétréci, figé dans notre vie.

Faire confiance aux messages

Une fois que vous avez obtenu une réponse, encore faut-il vous faire confiance pour passer à l’étape « action ». Pour Arnaud Riou, il est essentiel de donner au sage les moyens d’agir. « Je constate très souvent que les gens disent : “Oui, je sais”, mais ça s’arrête là. Or savoir n’est rien si l’on n’agit pas. Pour vivre sa vie, pour se réaliser, il faut mettre en actes ce que l’on sait être juste et bon pour soi. » C’est la condition sine qua non pour ne pas passer à côté de sa vie.

 

II.En pratique

1. Prendre une décision

Y aller ou pas ? Dire oui ou non ? Tout changer ou aménager ? Selon Arnaud Riou, nous gagnerions du temps si nous écoutions plus souvent les messages que nous envoie notre corps au moment de trancher, de faire un choix. Il est possible de s’entraîner à les capter et à les décoder.

Prenez une décision mineure, dictée par votre intuition, puis portez votre attention sur vos réactions corporelles : détente, excitation, élan, impression d’ouverture, d’expansion, de calme, ou, au contraire, crispations, tensions, contractions, impression de fermeture et de brouhaha intérieur.

Plus vous vous entraînerez et mieux vous décrypterez les messages corporels qui correspondent à votre désir profond.

Il s’agit ensuite de prêter l’oreille aux synchronicités – à tous ces hasards qui semblent autant de réponses à votre question – et de les noter.

Une fois tous ces indices recueillis, Arnaud Riou conseille de pratiquer une méditation – avant le coucher – de quelques minutes sur tout ce que vous avez récolté, puis d’attendre la réponse dans votre corps. Le sage peut aussi se manifester dans un rêve au cours de la nuit.

2 Dénouer un conflit

« Un conflit extérieur est toujours l’occasion de voir ce qui fait conflit en soi. C’est donc l’opportunité de mieux se connaître, de mieux se comprendre. » Aussi, pour entendre la voix du sage intérieur quand le tonnerre gronde à l’extérieur, faut-il d’abord plonger en soi.

Qu’est-ce qui m’est insupportable dans ce que dit l’autre,dans son comportement, dans sa façon de s’exprimer ? Où suis-je exactement touché ? Ces questions permettent d’abord de faire baisser la pression contre l’autre, comme c’est le cas chaque fois que l’on s’interroge sur soi et que l’on se concentre sur ses propres besoins. « Souvent, on ne veut pas lâcher car on est blessé : on réagit à une agression contre une partie déjà meurtrie de soi. C’est donc l’enfant blessé qui se défend. C’est lui qu’il faut reconnaître avant d’écouter la voix du sage. » Celle-là même qui nous dit que nous ferions mieux de prendre soin de nous-mêmes et de nos blessures.

En suivant ce chemin, étape par étape, c’est, in fine, le sage que nous allons pouvoir écouter lorsqu’il nous propose des chemins et des pratiques de guérison.

3 Se faire une opinion sur quelqu’un

L’enfant blessé en nous peut rejeter à tort celui qui l’intimide, lui fait de l’ombre, le frustre ou le contredit, mais il peut aussi rejeter celui qu’il reconnaît comme toxique pour lui : un manipulateur, un dominateur, un séducteur. Une antipathie et une sympathie sont donc à interroger par le prisme du passé : à qui, dans mon passé, dans mon histoire, cette personne me fait-elle penser ? À quels souvenirs, émotions, sentiments est-ce que je l’associe ?

Une fois la mise en perspective établie, le sage pourra se faire entendre sous la forme de votre petite voix intérieure, et répondre sans ambiguïté à vos questions : cette personne mérite-t-elle ma confiance ? Est-ce que je la trouve sympathique uniquement parce qu’elle me renvoie une bonne image de moi ? Est-ce que je la rejette parce qu’elle a quelque chose que j’aimerais avoir ? Etc.

4 Renforcer la confiance en soi

Si elle manque, c’est parce que l’enfant en nous continue à appeler à l’aide, persuadé qu’il n’y arrivera pas tout seul. Seul le sage peut le faire changer d’avis. À nous de répéter en son nom : « Je suis capable. Je suis digne. Je mérite. »

Ces trois phrases en forme de mantra, répétées régulièrement, surtout dans les moments de doute, aident à passer à l’acte, et permettent au corps de faire l’expérience de l’audace et du courage. Peu importe le résultat. La victoire est dans le fait d’oser, de sortir de la prison de l’autodévalorisation.

5 Mettre plus de bonheur dans sa vie

L’enfant en nous veut toujours plus. D’écoute, de jouets, d’attention, de chance, de confort. Le sage en nous ne veut pas plus, il se réjouit de ce qui est là. De ce que qui a déjà été reçu des autres, de la vie, de soi-même. Ce n’est pas qu’il manque d’ambition ou qu’il soit négligent, il est simplement conscient que le bonheur et la joie se tiennent dans la gratitude, dans la perfection de l’instant présent, dans tout ce qui nous fait nous sentir plus vivant. Seul ou avec les autres.

Vous l’avez compris, le plus sûr moyen d’être heureux consiste donc à rendre grâce pour ce que nous possédons.

 

Par Flavia Mazelin Salvi – Mis à jour le 16 Avril 2019 à 17:53

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L’hypnose, une aide utile en intervention d’urgence

L’hypnose, une aide utile en intervention d’urgence

 

Déjà bien implantée à l’hôpital, cette technique qui peut apaiser la douleur des patients convainc les médecins dans de plus en plus de Samu.

Loin de l’image véhiculée par les spectacles de Messmer ou le serpent Kaa, du Livre de la jungle, l’hypnose médicale a acquis ses lettres de noblesse. Principalement utilisée contre la douleur, ou encore l’anxiété liée à un geste médical, l’hypnosédation comme on l’appelle en médecine s’est imposée, depuis plusieurs années déjà, au sein des hôpitaux et des salles d’opération.

Aujourd’hui, elle investit un service hospitalier beaucoup plus inattendu. Celui des Samu. Dans ce domaine de l’urgence absolue, souvent vitale, rempli de bruit et d’agitation, la pratique de l’hypnose peut sembler complètement anachronique. Et pourtant, de Lille à Marseille en passant par Metz ou encore Lyon, de plus en plus de Samu se convertissent à cette pratique. «Il est clair qu’on ne va pas utiliser l’hypnose chez un patient dans le coma ou en arrêt cardiaque. Mais lorsque les patients sont conscients, la douleur est présente dans plus de deux tiers des cas. L’hypnose peut alors avoir sa place», explique le professeur Pierre-Yves Gueugniaud, chef du service du Samu de Lyon.

«Lors d’infarctus du myocarde, l’hypnose permet de soulager la douleur et d’éviter l’injection de morphine»

Le docteur Nazmine Guler, urgentiste au CHR de Metz-Thionville

Depuis 2017, la Société française de médecine d’urgence a listé les indications pouvant relever de l’hypnose. De la gestion du stress de la personne appelant le centre 15, jusqu’à la prise en charge de la douleur lors d’un accident de la route, le champ d’application est large. «Par exemple lors d’infarctus du myocarde, l’hypnose permet de soulager la douleur et d’éviter l’injection de morphine. De plus, toujours grâce à l’hypnose, le patient va diminuer sa tension et sa tachycardie», explique le docteur Nazmine Guler, urgentiste au CHR de Metz-Thionville et l’une des pionnières ayant introduit l’hypnose aux urgences.

Mais de quoi parle-t-on exactement? Concrètement, la mise en condition d’hypnose se fait dès le premier contact avec le patient. Dans l’idéal, dès l’appel au centre 15. «Dès le premier contact, la communication et le comportement vis-à-vis des patients doivent être positifs et bienveillants», explique le docteur Vincent Brulin, urgentiste au Samu de Lille. «Si je vous dis, “n’ayez pas peur, je vais vous piquer, vous n’aurez pas mal”, vous retiendrez uniquement les mots peur, piquer et mal», poursuit-il. Les médecins formés à l’hypnose vont donc plutôt dire à la personne face à eux «rassurez-vous, je vais vous poser une perfusion et ce sera plus confortable». De la même façon, ils vont s’agenouiller pour être à la hauteur de la personne ou encore lui serrer la main et se présenter, même en situation d’urgence. Ensuite, en lui parlant, il s’agit d’amener le patient ailleurs, de l’éloigner de sa douleur… C’est l’hypnose conversationnelle.

 

Les enfants très sensibles

Le docteur Brulin raconte comment lors d’une récente intervention, il a pu remettre en place l’épaule d’une jeune fille, sans anesthésie. «Comme elle faisait de l’équitation, nous avons évoqué son centre équestre, l’odeur de la paille, des chevaux, du froid. Lorsqu’elle a levé le bras pour brosser la crinière de son cheval, j’ai pu effectuer la réduction de la luxation, sans douleur.» Les enfants sont particulièrement réceptifs à l’hypnose. Plongé dans un match de foot ou dans un jeu sur sa Game Boy imaginaires, un enfant ne bronchera pas lorsqu’on lui posera une perfusion.

«Il ne me serait pas venu à l’idée il y a trois ans d’appliquer l’hypnose en intervention Smur»

Le professeur Pierre-Yves Gueugniaud

Les urgentistes convertis à l’hypnose en parlent avec enthousiasme. Ils mettent en avant son efficacité sur le stress des interventions, son action sur la consommation d’antalgiques ou encore la reconnaissance des patients. La méthode doit cependant faire ses preuves. Pour le moment, la littérature scientifique sur le sujet est en effet inexistante. En attendant, la pratique fait de plus en plus d’émules et parvient à convaincre les plus réticents. «Il ne me serait pas venu à l’idée il y a trois ans d’appliquer l’hypnose en intervention Smur. Je pensais que la méthode ne marcherait pas souvent et que cela risquait de faire perdre du temps avant de rejoindre l’hôpital. Or, je dois le reconnaître, c’est plutôt l’inverse», affirme le professeur Pierre-Yves Gueugniaud. Totalement convaincu, le chef de service aimerait aujourd’hui accélérer la formation de ses équipes.

Ils explorent leurs vies antérieures

Et si la clé de nos difficultés actuelles se trouvait dans nos existences passées ? C’est l’hypothèse, dérangeante, de la « karmathérapie », qui séduit de plus en plus de patients et de psys. Voyage à travers le temps.

Méthode : la karmathérapie

« Les paysages que j’aime – l’Irlande, ses brumes, ses collines – défilent sous mes yeux. Je vois une jeune femme rousse en larmes, ses vêtements laissent penser qu’elle vit au XIXe siècle. Elle avance sur un ponton avec l’intention de se noyer, rapporte Gaëlle, 47 ans, bibliothécaire, en séance d’hypnothérapie. Cette femme, c’est moi et simultanément ce n’est pas moi. Je fais pleinement corps avec elle, je sens sa douleur. » « Pourquoi veut-elle en finir ? » interroge sa thérapeute. « Son homme, un marin, a disparu en mer », répond Gaëlle. « Que peux-tu faire pour la sauver ? » demande à nouveau la psy. « Je vois un enfant qui court vers elle, le sien. À mesure qu’il approche, la jeune femme est de plus en plus heureuse. Elle a retrouvé une raison de vivre. » Ce jour-là, Gaëlle est sortie de chez sa thérapeute le coeur joyeux, elle aussi, et la tête pleine de rires d’enfant. Déprimée sans raison depuis la naissance de son fils, pourtant ardemment désiré, elle avait décidé d’entreprendre un travail de régression mentale fondé sur l’hypnose et la relaxation profonde. Une « karmathérapie » – c’est le terme utilisé par les thérapeutes – supposée faire voyager à travers les vies antérieures pour dénouer des difficultés actuelles. Certains disent voir se dérouler un film sous leurs yeux. D’autres sentent, plus qu’ils ne voient. La conscience reste lucide, elle flotte dans un état intermédiaire entre la veille et le rêve, proche du moment où nous sombrons dans le sommeil. L’esprit vagabonde librement à travers émotions, sensations et images mentales. « On n’est pas transporté d’un seul coup ailleurs, à une autre époque, précise Gaëlle. C’est comme un scénario qui s’écrit progressivement. En fait, on observe en touriste, en voyageur du temps. D’où la nécessité d’un bon guide. Mais après l’avoir expérimenté plusieurs fois, on peut le faire seul, chez soi, avec une musique relaxante pour se placer en état d’autohypnose. »

Y croire est enivrant et poétique

L’idée de vies antérieures revécues dans le cabinet d’un thérapeute ou dans son salon est assez déroutante. La raison nous dit : « Impossible. » Mais le rêveur en nous murmure : « Et si c’était vrai ? » « Y croire est enivrant et poétique, c’est une façon de vivre l’éternité », explique Sonia, 49 ans, attachée d’administration, qui, elle aussi, a fait appel à la karmathérapie pour venir à bout d’une anxiété rebelle. « Au lieu de décortiquer des symptômes issus de l’histoire familiale, je suis partie à la rencontre de “malédictions” multiséculaires et ça m’a fait du bien. Je me suis vue autre, métamorphosée, c’est ce qui m’a fait comprendre que je pouvais changer. » Quel réconfort aussi d’imaginer que, de vie en vie, nous allons croiser les êtres que nous aimons.

« Cette idée ne m’a pas soutenue à la mort de ma mère, avoue Jeanne, 32 ans, fleuriste. En revanche, avoir rencontré mon amoureux dans d’autres vies m’a apaisée et a renforcé notre lien. » L’amour plus fort que la mort… La curiosité grandissante des thérapeutes et des patients pour la régression dans les vies antérieures rejoint l’intérêt actuel pour le bouddhisme et les spiritualités orientales. Toutefois, elle est loin de ne concerner que des adeptes de la spiritualité ou des croyants. Des « matérialistes » affirmés n’hésitent pas à essayer. C’est que, face aux interrogations existentielles générées par la crise, elle rassure, en véhiculant l’idée que nous faisons partie d’un grand tout et que la mort n’est qu’une étape vers une nouvelle existence. Inutile pourtant de chercher un karmathérapeute dans l’annuaire. En France, la karmathérapie n’existe pas en tant que telle. Elle est pratiquée par des hypnothérapeutes ou des thérapeutes énergéticiens qui plongent leurs patients dans un état de relaxation profonde ou les invitent à méditer pour leur permettre de retrouver un lien moins conflictuel avec leur corps ou leurs émotions. Beaucoup d’entre eux ont découvert les vertus de la régression spatio-temporelle par hasard. Mima Salloum, énergéticienne, s’est aperçue un jour qu’elle saisissait mieux la problématique d’une patiente en la voyant jeune homme en habit du XVIIIe siècle. Parmi les précurseurs de cette façon de travailler, citons Patrick Drouot, physicien de formation, Gilles Guattari, Denise Desjardins, qui s’appuie sur le « lying », méthode qui consiste à creuser dans les couches les plus profondes du « subconscient », qui seraient encore imprégnées des restes de nos vies antérieures, ou encore Myriam Brousse ainsi que son élève France Lagneau, pour qui les souvenirs de nos vies passées seraient enregistrés dans nos cellules, en une sorte de « mémoire cellulaire ». Lise Bartoli, psychologue clinicienne, psychothérapeute et hypnothérapeute, utilise les régressions en s’appuyant sur l’idée jungienne d’inconscient collectif. Pour Jung, en effet, l’inconscient abrite les vestiges du passé le plus reculé de l’humanité et ses croyances ancestrales. En fait, de nombreux thérapeutes formés à l’hypnose pratiquent ces régressions sans oser l’annoncer, de peur de passer pour des charlatan

J’étais un guerrier indien

Aux États-Unis, en revanche – en Californie, surtout –, la karmathérapie ne choque plus personne. Depuis que Catherine, l’une de ses patientes, a décrit sous hypnose des scènes supposées avoir eu lieu au Proche-Orient il y a environ quatre mille ans, guérissant simultanément de ses phobies et de ses accès de panique, Brian Weiss, psychiatre et hypnothérapeute, l’utilise couramment. Au fil des années, il a entendu des hommes et des femmes parler des langues étrangères ou relater des faits qu’ils n’étaient pas censés connaître. La preuve selon lui de vies antérieures. Au départ, rien n’attirait dans cette approche ce psy orthodoxe ne croyant pas à la réincarnation. Aujourd’hui, il soutient que les scènes vécues sous hypnose sont des souvenirs d’existences passées qui déterminent nos symptômes et nos choix actuels. Pour le Dr Weiss, par exemple, si nous sommes irrésistiblement attirés par l’Irlande, les sables du désert ou les montagnes neigeuses, c’est probablement que nous y avons vécu. Les questions qui poussent les patients vers la karmathérapie sont identiques à celles qui les orientent vers une psychothérapie brève ou un atelier de développement personnel.

Salomé, 48 ans, cadre administratif, y a eu recours pour traiter ses accès de colère irrépressibles. Dans ce travail guidé par Patrick Drouot, elle s’est retrouvée dans la peau d’un guerrier mongol, ivre de rage après avoir perdu son meilleur ami dans une bataille. « J’ai pu revivre cette rage désespérée en toute sécurité, dans le cabinet thérapeutique. Et cette décharge émotionnelle m’a libérée de mes colères. » Quelques années plus tard, elle y a eu recours à nouveau, avec un hypnothérapeute, pour prendre une décision délicate : partir en province et donc s’éloigner de ses parents alors qu’elle est fi lle unique. « Cette fois, j’étais un guerrier indien hésitant entre s’enfuir ou se battre avec sa tribu. D’où culpabilité. Une traduction romancée de ma propre situation, en fait : j’avais mis le doigt sur un confl it de loyauté – continuer à me sacrifier pour les autres, la famille ou oser être un peu plus égoïste. Par la suite, ces problèmes de conscience ne m’ont plus tourmentée. » C’est pour tester le bien-fondé de ses choix professionnels que Jeanne, 38 ans, sage-femme, a régressé dans ses vies antérieures. « En trois séances, j’ai été un médecin, désespéré car son épouse était atteinte d’un mal incurable, puis un noble égyptien, pleurant son enfant mort faute de soins adaptés. Enfi n, dans la dernière séance, c’est ma thérapeute qui m’a vue en chamane, emprisonnée par un despote jaloux de ses secrets. Je me suis totalement appropriée cette vision, aussi, je résistais de toutes mes forces à ce tyran, consciente qu’il en ferait mauvais usage. »

J’ai tout oublié, mais des années plus tard…

Ses voyages sous hypnose ont permis à Jeanne de comprendre que son métier lui était cher et qu’elle devait persévérer même si la médecine pouvait être facteur de mort, et que sauver toutes les vies était impossible. Pour la psychanalyse classique, ces régressions sous hypnose sont des mises en scène de soi dont la fonction est de fournir du sens par une évasion hors du quotidien. Peu importe que nos conflits internes soient transposés en Chine, en Égypte dans l’Antiquité ou au Moyen Âge. « Ce sont des constructions psychiques permettant d’inventer des fins libératrices, pose Marie Corcel, psychothérapeute. Elles offrent une autre scène, un espace de transformation. » Et, rappelle la thérapeute : « Freud, à ses débuts, a utilisé l’hypnose. Avant de l’abandonner parce que les symptômes revenaient rapidement. » Pourtant, certaines expériences sont troublantes. « Je descendais une rue quand le vent a charrié une odeur de magnolia, se souvient Julia, 39 ans, éleveuse de chèvres. Aussitôt, je me suis sentie projetée dans une autre dimension, dédoublée. J’ai atterri en 1895 dans une maison de la Nouvelle-Orléans avec un grand magnolia dans le jardin. J’étais une vieille dame se déplaçant avec une canne. Je sentais la rigidité de son (mon ?) caractère, son (mon ?) désarroi, ses (mes ?) os douloureux, la texture de ses (mes ?) vêtements. Je m’appelais Anastasia, avec un patronyme commençant par S. Le tout a duré cinq ou six minutes. Et j’ai oublié. Mais voilà : des années plus tard, je me sens attirée vers une vieille brocante. Mes yeux se posent sur une canne. J’ai aussitôt reconnu celle d’Anastasia. Sur le pommeau étaient gravées ses initiales, A. S. » Simple coïncidence ?

Rencontrer notre ombre

Pour guider ses patients, Lise Bartoli analyse les archétypes – tels que Jung les a définis – qui leur collent à la peau. Il s’agit d’images primordiales, universelles, qui dirigent inconsciemment les comportements humains. Parmi les plus repérables : « l’infirmière » dévouée aux autres, « la nonne » qui consacre sa vie à la souffrance, « le guerrier » pour qui l’existence est un champ de bataille, « la victime » qui ne cesse de se plaindre, « le prisonnier » impuissant, dépendant des autres, « l’exclu » qui ne sait pas où est sa place ni à quoi il sert, « le roi » qui ne supporte pas de voir son autorité bafouée. « Nous avons tous été roi, reine, prisonnier, explique la psychologue. Nous sommes tous un peu guerrier, un peu infirmière, et nous nous plaçons souvent en position de victimes. Un assassin peut devenir un grand médecin. Rien n’est figé. C’est l’autre en nous que les régressions permettent d’explorer. Nous apprenons à faire avec nos ombres. Pour nous libérer de leur influence. » Il s’agit de revenir au passé, pour le quitter. Objectif réalisable à condition que le thérapeute s’interdise d’être trop directif, « car il risque d’induire des faux souvenirs qui n’appartiennent pas à la personne », précise Lise Bartoli.

Isabelle Taubes/ Modifié en mai 2018
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Réincarnation, la croyance qui (re)monte

Des chercheurs s’interrogent sur les cas d’enfants “réincarnés”. Les thérapies visant à explorer nos vies antérieures se multiplient… Superstition, ou parade contre l’angoisse de la fin du moi ?

 



Il n’est pas plus surprenant d’être né deux fois qu’une, disait déjà Voltaire… Pourquoi dans notre monde « moderne », la question de la réincarnation, l’une des plus vieilles croyances de notre planète, est-elle toujours de mise ? La mode du bouddhisme avec son cortège de philosophies orientales ? L’expression d’un désarroi dans une société de plus en plus morcelée ? Face à un avenir moins brillant qu’on nous l’a promis, une façon de se rassurer sur le long terme ?

Les enfants s’en souviennent

La réincarnation est un concept si éloigné de la civilisation occidentale que, pour la science, il ne s’agit que d’une « pure superstition ». Pourtant, des événements laisseraient penser que, au-delà des convictions personnelles ou culturelles, il y a peut-être une part de vérité, qui sort de la bouche des enfants ! Le plus célèbre d’entre eux est sans doute l’actuel dalaï-lama. En 1936, à la mort du treizième du nom, les moines se sont rendus dans une province perdue sur les indications fournies par les augures. Ils ont rencontré un garçon qui les a immédiatement reconnus et s’est mis à parler leur langue alors que, dans son village, personne ne l’utilisait. L’enfant portait les huit distinctions physiques des grands chefs religieux et a su reconnaître les objets qui lui auraient appartenu dans sa vie précédente…

En Inde, c’est presque une tradition : entre 2 et 4 ans, un enfant commence à parler à ses parents d’une vie qu’il a menée en un autre lieu. Il est très attiré par les événements de ce passé et insiste pour retourner dans la famille où il prétend avoir vécu. Ian Stevenson, professeur de psychiatrie à l’université de Virginie et spécialiste mondial des « enfants réincarnés », a recensé quelque 14 000 cas curieux et publié des rapports d’enquête sur des centaines d’entre eux. « Un petit garçon de 4 ans habitait dans un village près de Beyrouth, raconte-t-il. Il avait réussi à donner, entre autres, le nom de sa famille précédente, une liste de soixante-dix détails exacts la concernant et… les derniers mots du défunt ! » Preuve de la réincarnation ? « Pas forcément, répond Ian Stevenson. Pour moi, même un cas aussi fort n’est pas parfait. Je préfère dire que mon travail suggère l’existence des vies antérieures plutôt qu’il ne la prouve. »

Le psychiatre a publié le résultat de trente ans de recherches sur les « marques de naissance » — la version grand public vient d’être publiée en français sous le titre Réincarnation et biologie (Dervy). Il y décrit, par exemple, le cas d’un jeune Indien né avec une malformation de la main, racontant spontanément que, au cours de sa vie précédente, une machine agricole lui avait coupé les doigts, donnant le lieu, l’époque. Une enquête a retrouvé trace de l’événement.

Des cas uniquement asiatiques ? Non. Sur Internet, Wendi, une jeune Américaine qui ne croyait pas à la réincarnation, a raconté que son fils de 3 ans avait peur des vagues. En vacances à Hawaii, il refusait de se baigner mais adorait jouer sur le sable. « Un jour, nous sommes allés sur la plage des surfeurs, a-t-elle expliqué. Il m’a dit : “Quand j’étais grand, j’ai fait du surf ici, je suis tombé dans l’eau, je me suis transformé en oiseau de Dieu et me suis envolé. Après, je suis revenu.” A partir de ce moment, il n’a plus eu peur des vagues et s’est baigné. »

Une croyance devenue outil thérapeutique

Retrouver des bribes de vies passées aurait-il un pouvoir guérisseur ? C’est ce qu’affirment les thérapeutes qui utilisent la sophrologie ou la relaxation active pour explorer les épisodes traumatisants de nos vies antérieures. Aux Etats-Unis, la « karma thérapie » est passée au troisième rang des thérapies alternatives, après les traitements antitabac et les cures d’amaigrissement…

La pratique n’est pas nouvelle, mais elle a souvent été tournée en dérision par les médias, qui se sont gaussés du « retour à la vie » de centaines de Napoléon ou Marie-Antoinette… « Dans les milliers de cas que j’ai traités, je n’ai jamais eu Napoléon, Marie-Antoinette, ni même Cléopâtre ! explique Gilles Guattari, psychothérapeute. Ce sont des gens simples qui reviennent à la mémoire : un marchand, un soldat, un enfant, un prêtre…»

Le thérapeute a totalisé plus de huit mille séances et formé quelques dizaines de praticiens à sa propre technique « d’expansion de conscience ».

« Lorsqu’il y a guérison, les symptômes ne réapparaissent pas ailleurs et le rééquilibrage est durable, assure-t-il. Affirmer qu’ils se reproduisent ici ou là est une idée sans fondement. Mais la capacité de guérison de cette technique a de quoi déranger. » Et de raconter le cas d’Alain, journaliste. A la suite d’un grave accident de voiture, il était sous l’emprise d’une angoisse aiguë et souffrait d’une polyarthrite qui empêchait tout mouvement de ses bras. Au cours d’une séance, il se retrouve dans la peau d’un paysan du Moyen Age. Le prévôt vient lui réclamer son impôt. Pris de colère, il se révolte, le fait tomber et le tue. Condamné, il subit le supplice de la roue. « Nous avons travaillé sur cette séquence, explique Gilles Guattari. Lorsque cet homme a réussi à comprendre les liens entre le passé et le présent, l’angoisse a disparu. Et la polyarthrite aussi… »

Peut-on vraiment parler de vies passées ? « Impossible à dire, répond le psychothérapeute. Tous les psys savent qu’il peut exister une vision intérieure plus vraie que nature sans qu’il y ait jamais eu la moindre réalité physique. Ce dont on est sûr, c’est que, outre les résultats, ce processus ouvre la conscience sur une vision globale de la vie, une vision d’unification. C’est ce que l’on appelle la cohérence. Et c’est probablement l’une des qualités dont nous avons le plus besoin aujourd’hui. »

 

La montée de l’individualisme

L’histoire de la réincarnation correspond à un changement majeur : la montée de l’individualisme, de la personne comme unité psychologiquement autonome, contenue dans des limites étanches et stables. Auparavant, l’individu était essentiellement perçu comme un point de convergence dans un réseau d’énergies psychiques relié verticalement aux ancêtres et horizontalement à la communauté. Il n’était qu’une manifestation d’un psychisme collectif. Avec le temps, il a acquis sa propre autonomie, sa propre identité. Processus qui s’est accéléré ces vingt dernières années. Cette poussée de l’individualisation s’accompagne d’une angoisse existentielle face à la mort, à la disparition du moi…

La résolution de cette énigme semble nous échapper. Menons-nous une ou plusieurs vies ? Tout dépend sans doute si l’on se situe dans le temps ou hors de lui. Notre plus grande part se trouve emportée par l’irrésistible fleuve chronologique. La sagesse nous suggère de ne pas trop nous en émouvoir et de contempler le spectacle, avec compassion et… humour.

Histoire

De l’humanité
Si le terme « réincarnation » a été créé en 1857 par Allan Kardec, le fondateur du spiritisme, cette hypothèse remonte à l’aube de l’humanité. Elle traverse les religions animistes, chamaniques ou primitives sous la forme de « transmigration des âmes » : il faut mener une vie pure pour ne pas renaître dans un corps d’animal. Elle se retrouve dans diverses cultures – la « métempsycose » (animation en succession) pour les Grecs. Elle apparaît dans la plupart des religions orientales, avec des différences. Pour les bouddhistes, nous n’avons pas d’âme personnelle : le moi est une pure illusion.
Officiellement, l’islam rejette cette idée. Selon certains chefs religieux, il serait plus juste de dire qu’elle laisse le libre arbitre aux lecteurs des textes sacrés. Dans le judaïsme, les textes de la kabbale parlent du « gilgul » (transmigration) et de « teshouva » (retour), une nouvelle chance donnée par Dieu. Pour les chrétiens, la métempsycose a été condamnée en 553, au concile œcuménique de Constantinople, pour défendre l’originalité de la résurrection.

L’avis du spécialiste

Marc de Smedt : « Croire en la réincarnation aide à lutter contre l’angoisse de la mort du moi »
Marc de Smedt, directeur du magazine Nouvelles Clés et directeur de la collection Essais clés chez Albin Michel, a publié Enquête sur la réincarnation”(Albin Michel, 2001), un ouvrage collectif.

Que vous a appris cette enquête ?
J’ai été étonné de découvrir que l’idée de réincarnation est répandue dans autant de traditions. Même pour le rabbin Adin Steinsaltz, kabbaliste de renommée mondiale, il y a possibilité de retour des âmes. Et je concède que certains cas – notamment les « enfants réincarnés » – sont troublants. Il y a là des phénomènes étranges même si l’on tente d’expliquer les « souvenirs de vies antérieures » par la génétique, ou une perception très fine. Cela dit, il faut garder les pieds sur terre.

Comment expliquer cet intérêt pour la réincarnation ?
Par la peur de se perdre dans l’inconnu, pour lutter contre la peur de la mort, notamment celle du moi. Le poids des dogmes de l’Eglise catholique a presque disparu, et le brassage des cultures donne accès aux croyances qui font partie du patrimoine de l’humanité. C’est une histoire d’ego : croire que notre moi peut se perpétuer d’une vie à l’autre est un piège pour l’ego.

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Un Suisse sur cinq souffre de douleurs chroniques

Elles vous accompagnent chaque jour, comme une vieille ennemie qui s’accroche malgré vos efforts pour l’éloigner. Elles s’installent, prennent leurs aises, vous obligent à modifier votre vie professionnelle et vos habitudes quotidiennes. C’est une réalité: les douleurs chroniques prennent une grande place dans la vie de ceux qui en souffrent. Un mal d’autant plus difficile à supporter qu’il est souvent mal compris par l’entourage, qui peine à se rendre compte des difficultés que cela représente. Il faut dire que les douleurs chroniques sont toujours complexes. Médicalement parlant, elles se définissent comme des douleurs qui, quels que soient leurs intensités, localisations et mécanismes, persistent au-delà du temps normal de réparation d’un tissu lésé. Elles ne répondent pas aux traitements antalgiques classiques et impactent fortement la vie quotidienne et le moral des patients. La plupart du temps, aucune lésion n’est visible sur les examens cliniques. Pourtant, la douleur, elle, est bien là.

Des modifications au niveau cérébral

«C’est dans ta tête», une phrase que les personnes qui souffrent de douleurs chroniques entendent (trop) souvent. «C’est effectivement entre autres au niveau du cerveau que cela se passe, mais il est primordial d’expliquer aux gens de quelle manière, souligne la Dre Valérie Piguet, responsable du Centre multidisciplinaire de la douleur aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Lorsqu’on souffre d’une douleur aiguë, les tissus lésés libèrent différentes substances, qui vont stimuler les nerfs périphériques et activer certaines zones cérébrales. Or, dans le cas d’une douleur chronique, ce phénomène perdure même après la guérison de la lésion. Cela entraîne des modifications au niveau de la moelle épinière, mais aussi dans le cerveau, au niveau des structures neurologiques qui gèrent la douleur.»Certaines opérations, comme les mastectomies ou les prothèses du genou, sont connues pour entraîner parfois des douleurs chroniques post-opératoires. Dans des cas particuliers, comme celui de la fibromyalgie, des modifications du système nerveux se mettent en route sans élément déclencheur apparent. «On ne connaît pas encore tous les mécanismes qui entrent en ligne de compte. Par conséquent, la recherche tente actuellement de mieux identifier les facteurs de risque du développement des douleurs chroniques. On sait par exemple que le patrimoine génétique peut jouer un rôle, tout comme l’aspect émotionnel (antécédents anxieux ou dépressifs) et l’âge du patient», remarque la Pre Isabelle Decosterd, directrice du Centre d’antalgie du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV) et professeure associée à la faculté de biologie et médecine de l’UNIL. Plus ces facteurs seront connus, plus ils permettront d’adapter individuellement le traitement et améliorer son efficacité.

Pas de «pilule miracle»

Pour traiter les douleurs chroniques, le chemin est souvent complexe et éprouvant. Il est très rare qu’un seul médicament parvienne à résoudre le problème. «Dans les centres de la douleur, les patients sont pris en charge de manière à la fois multimodale et multidisciplinaire, détaille la Dre Valérie Piguet. Comme les quatre pieds d’une table, nous avons besoin de quatre approches complémentaires pour avancer: l’approche purement médicale (opération, médicaments, etc.), l’approche physique, l’approche psychologique et le renforcement des ressources personnelles.»Au-delà des traitements médicamenteux, les personnes sont donc encouragées à bouger. Adaptées à leur douleur, différentes activités qui favorisent le mouvement sont proposées (comme la physiothérapie, le yoga, des séances d’exercices en piscine, etc.).
L’aspect psychologique est également fondamental. Plus les pensées négatives sont nombreuses, plus la porte est ouverte aux douleurs. Certaines techniques permettent d’apprendre à se «décentrer» afin de reléguer les douleurs au deuxième plan. C’est notamment le propre de l’hypnose ou de la méditation, qui permettent d’atténuer le caractère désagréable de la douleur. Mais attention: il est primordial de s’initier à ces méthodes en étant accompagné de personnes formées et reconnues. «L’autohypnose a l’avantage de rendre le patient actif dans son traitement, souligne la Pre Decosterd. Ce qui permet de reprendre la main face à sa douleur.» Ce renforcement des ressources personnelles fait partie intégrante du traitement. Grâce aux nombreux outils qui leur sont proposés, les patients apprennent petit à petit à repérer ce qui leur convient le mieux et leur fait du bien pour en faire une force. S’il n’est pas toujours possible d’éliminer complètement les douleurs chroniques, ce processus permet d’améliorer nettement la qualité de vie des nombreuses personnes qui souffrent chaque jour.
Aude Raimondi

Douleurs chroniques: quand faut-il consulter?

«Les personnes concernées par des douleurs chroniques viennent consulter en moyenne après cinq ans de souffrance, se désole la Dre Valérie Piguet, responsable du Centre multidisciplinaire de la douleur aux HUG. Or, si après trois à six mois de douleurs, vous ne constatez pas de réponse aux traitements habituels, il ne faut pas hésiter à consulter.» Le mieux est d’en parler d’abord à votre médecin traitant. En fonction de la situation, il pourra vous diriger vers le centre de la douleur de votre région. Ces centres ont l’avantage de regrouper de nombreux spécialistes aux disciplines variées, qui peuvent adapter la prise en charge en fonction des besoins spécifiques. De plus, les centres universitaires des HUG et du CHUV ont une mission d’enseignement et de recherche qui
permet de former des jeunes médecins et de faire progresser la connaissance dans le domaine des douleurs chroniques.

Dimanche, 25 février 2018

 

« Comme un bouton reset » : nous avons assisté à une séance d’hypnose pour traiter la douleur chronique chez l’enfant

Mathis* a 8 ans. Depuis quelques temps, il souffre de migraines qui reviennent régulièrement. Surtout avant l’heure de la cantine ou du coucher. Inquiets, ses parents se sont tournés vers l’hôpital pédiatrique Robert Debré, dans le XIXe arrondissement de Paris. L’élève en CM2 a d’abord consulté un médecin spécialiste de la douleur, Maxime Goirand : « à chaque patient, j’essaie de déterminer à quel point les émotions peuvent interagir avec la souffrance physique », nous explique le médecin, au détour d’une consultation. Ce dernier a pris la décision d’orienter Mathis vers sa collègue, Margaux Bienvenu.

Depuis dix ans, cette dernière adopte dans cet hôpital soit la casquette de psychologue, soit celle d’hypnothérapeute. La professionnelle accueille environ deux tiers des petits patients qui viennent en consultation antidouleur. Celles-ci sont le plus souvent chroniques, comme des migraines, des céphalées, des lombalgies ou encore des douleurs abdominales.

 

Des angoisses à cerner

Mathis, lui, vient la voir pour la première fois pour une séance d’hypnose. S’il est pris en charge par cette professionnelle, c’est parce que la fréquence de ses migraines pourrait en fait provenir de la séparation de ses parents, qu’il a du mal à gérer. Il habite d’une semaine à l’autre chez son père, ou sa mère. Les sources de ses angoisses, qui semblent entre autre être liées à l’éloignement, lui compliquent la vie. Ce rendez-vous d’environ quarante-cinq minutes doit l’aider à prendre du recul sur ses émotions et à les apaiser.

Installé sur une chaise, face au bureau de l’hypnothérapeute, Mathis semble plutôt serein. Il répond avec calme à chaque question de Margaux Bienvenu, qui revient sur ce qui peut le mettre dans des situations de stress au quotidien. Depuis sa première consultation au service antidouleur de l’hôpital il y a quelques semaines, il a déjà beaucoup moins de maux de tête, annonce-t-il timidement. « Je pense que je suis moins stressé. Mes parents m’ont dit que ça ne servait à rien de m’angoisser. »

 

Incursion dans « la salle des machines »

Une quinzaine de minutes plus tard, le voilà installé dans un immense fauteuil en cuir noir dans lequel il disparaît presque, les jambes allongées sur un repose-pieds assorti à l’assise. Avec une voix douce et enveloppante, la psychologue lui demande d’imaginer un endroit dans lequel il se sent bien. Très vite, un sourire se dessine sur le visage de l’enfant qui garde les yeux fermés. Il est prêt pour la séance d’hypnose.

L’heure est venue d’entrer « dans la salle des machines », dans les engrenages de son cerveau. « Tu sais, notre cerveau est un peu comme une salle des machines qui contrôle tout le corps, lui explique la professionnelle, assise à ses côtés. Et comme parfois il y a un peu trop de bonshommes de stress en toi, on pourrait aller voir un peu ce qu’il se passe dans cette salle des machines. Parce que c’est toi le commandant. Et peut-être qu’on pourrait libérer un peu plus de bonshommes de détente, de sécurité… » Pour réaliser un tel chantier, Mathis doit imaginer et décrire les bonshommes qui peuplent son cerveau et les dessiner sur une feuille, depuis son fauteuil. Un à un, les bonshommes de stress, de nausée, de tournis, de détente et de sécurité apparaissent. Dessinés pratiquement d’un seul trait de crayon, certains brandissent un bras, d’autres prennent deux fois plus de place que leurs voisins.

Le dessin terminé, l’enfant peut se réinstaller confortablement dans son fauteuil, où il doit, afin de se replonger dans un état d’hypnose, fixer un point sur le mur face à lui et réguler sa respiration, tout doucement, encouragé par Margaux Bienvenu. « C’est très, très bien. Tu vas pouvoir allonger la respiration pour faire venir… le bruit des vagues », lui annonce-t-elle. L’inspiration devient profonde et lente, l’expiration libératrice. Une courte pause est observée entre les deux mouvements d’air. « C’est le moment où la vague s’arrête sur le sable avant de repartir. » En quelque secondes, Mathis baille à plusieurs reprises et est si détendu qu’il semble lutter contre le sommeil.

Il est temps de retourner dans la salle des machines, accompagné des mots rassurants de la spécialiste, et de libérer, grâce à un levier, beaucoup de bonshommes de détente et de sécurité. Leur effectif semblait en effet déséquilibré aux yeux de l’hypnothérapeute, comparé aux bonshommes de stress. Mission accomplie. « Tous ces bonshommes-là vont continuer de t’accompagner tous les jours de ta vie et vont continuer de t’apporter plein de bonnes choses », lui raconte sa copilote.

 

Des effets immédiats

Une fois sorti de ce rêve éveillé, Mathis semble heureux et détendu. Il nous dit avoir apprécié ce voyage imaginaire, même si visualiser tout ce que décrivait sa copilote n’était pas toujours évident. « Je me sens détendu à 7/10, contre 4/10 avant », annonce-t-il fièrement. Son père, qui le rejoint à la fin de la séance, a, lui, l’air rassuré. « Je ne connaissais pas l’hypnose médicale auparavant. Mais lorsqu’on a compris que tous ses maux venaient surtout de ses craintes, de ses angoisses, on s’est dit que ça ne pouvait que l’aider. »

Le cas de figure est le même pour la maman d’Audrey*, 12 ans, que nous avons pu rencontrer à notre arrivée dans le service antidouleur. Sa fille, elle aussi atteinte de migraines récurrentes, venait de suivre une séance avec Margaux Bienvenu. « J’ai dû fixer un endroit et je ne voyais plus rien autour de moi, ça bougeait. C’était particulier », décrit-elle. « Avant j’étais plutôt stressée et là j’ai l’impression de recommencer à zéro. C’est comme un bouton Reset. »

La métaphore, une technique couramment utilisée en hypnose

Une fois ses petits patients partis, Margaux Bienvenu nous indique souvent utiliser, lors de ses consultations, la technique de la métaphore. Celle des vagues, qui accompagne la respiration, et de la salle des machines sont d’ailleurs assez courantes. « Mais j’invente aussi beaucoup d’histoires en m’adaptant à chaque enfant », note-t-elle. « Le but, c’est qu’une fois qu’il a compris comment ça marche, il peut utiliser la technique tout seul et imaginer de nouvelles métaphores. »

Car chaque cas est différent, tout comme l’attention des enfants. « Il y a des enfants qui vont un peu être agités, mais ils entrent quand même dans l’histoire. Ils font comme des allers-retours entre leur imaginaire et l’instant présent. Généralement, dès 8 ans, les enfants peuvent fermer les yeux et moins bouger. » L’hypnose est accessible aux enfants à partir de six ans. Avant cet âge, des techniques de distraction, sous forme de jeux, peuvent leur être proposées.

 

Une demande grandissante

A l’hôpital, le suivi psychologique lié aux douleurs chroniques se fait sur une durée moyenne de 3 à 6 mois. « Si c’est du long terme, je les oriente vers l’extérieur, vers d’autres thérapeutes, indique Margaux Bienvenu. Ici on ne peut pas faire de suivi au long cours car la demande est trop forte. »

Depuis les années 2000 en effet, Margaux Bienvenu observe un engouement croissant pour la pratique de l’hypnose en milieu hospitalier. De plus en plus d’infirmières sont formées à cette discipline pour intervenir auprès de patients hospitalisés. Elle-même d’ailleurs est formatrice. Elle est aussi amenée, lors de soins douloureux à l’hôpital, à intervenir pour aider un patient à appréhender la douleur. « Je pense que ce succès de l’hypnose vient en partie des recommandations faites par le ministère de la Santé pour l’utilisation des approches non médicamenteuses, analyse-t-elle. Car le résultat, ce sont des patients qui consomment moins de médicaments, qui sont plus autonomes, davantage gestionnaires de leur santé et qui se remettent plus vite. Donc ça coûte moins cher à la collectivité et chacun y trouve son compte ! »

 

* Les prénoms des enfants ont été changés.